dimanche 17 août 2014

Chimiothérapie


Lors de ma mastectomie, seul un ganglion sentinelle a été enlevé. Sein, il n'y a pas eu nécessité d'effectuer un curage, c'est à dire d'enlever les deux autres ganglions. Mais par mesure de précaution, afin "d'assainir" la zone, j'ai dû faire 6 séances de chimiothérapie. 1 mois après ma convalescence que j'ai passé à regarder la télé (émissions de cuisine et de déco, télénovelas), à lire, à cuisiner et à être visité par mes parents, mes amis, j'ai pu reprendre le travail. 
Comme j'étais contente de reprendre ma petite vie là où elle s'était arrêtée! 
Je retrouvais mon bureau, mes dossiers, mes collègues et mon indépendance aussi. Je décidai d'emblée que je combinerais chimio et travail: le pouvoir de l'esprit.
Et ça a marché!

1ère chimio
Mes chimios étaient programmées le lundi, toutes les 3 semaines. Je suis arrivée dans cette grande salle de l'hôpital Clarac avec son enfilade de fauteuils et de boxes. En ouvrant la porte, j'ai entendu de la musique. Moi qui m'attendait à atterrir dans un mouroir, j'étais agréablement surprise. Je me suis sentie bien, en confiance et accueillie par les nombreuses infirmières. Accompagnée de mon ami, j'ai été installée et était prête à me jeter dans le vide. Allongée, une perfusion est installée dans la chambre implantable ou CIP (Chambre Implantable Percutanée). Cela évite de piquer les veines à chaque fois.  La CIP m'avait été installée à la MFME, sous anesthésie locale. Pendant 3 heures, plusieurs produits, sous forme de poches, vous sont administrés, sans douleurs. J'avais le sourire, mon ami et moi nous avons joué au scrabble durant toute la séance et les infirmières, très sympathiques, n'arrêtaient pas de suivre notre partie, de m'aider, de nous charrier. Dans les autres boxes, certains lisaient, dormaient ou s'adonnaient à des mots croisés, accompagnés ou non. Je recommande d'être accompagné pour sa première chimio, un proche, un ami, quelqu'un avec qui faire passer le temps, discuter, esquisser de beaux sourire sur vos lèvres dans un moment aussi marquant de votre vie. Une fois ma chimio terminée, j'étais toute "molle". La fatigue m'a très vite gagnée et à mon arrivée à la maison, je n'avais qu'une envie: DORMIR! Les nausées m'ont très vite envahit et ma nuit a été difficile: impossible de trouver une position, j'étais comme sur un bateau qui prenait d'énormes creux provoquant d'énormes nausées qui ont aussi durées tout le lendemain. Je n'ai pas mangé durant 2 jours, rien ne me faisait envie ni ne passait à part les oranges et mandarines dont je me délectais en salade de fruits, coupés en petits morceaux. A J+3, je me refaisais tout doucement. Les nombreux médicaments qui m'ont été donné ont finit par avoir raison des nausées. Je me sentais bien. Le lundi d'après j'étais présente à mon bureau pour deux semaines.

2ème et 3ème chimio
Je me suis estimée chanceuse car les deux chimios suivantes se sont déroulées de la même manière. Mon corps s'était habitué aux produits. Beaucoup de fatigue le jour J, quelques nausées et un manque d'appétit. J'ai tout de même eu un report de ma seconde chimio à cause de la chute de mes globules blancs. Une injection a permit de faire leur taux remonter et de reprendre le cours de mes séances. Je rentrais à la maison, dormais beaucoup, essayais de travailler un peu de chez moi pour maintenir mon moral. La faim disparaissait toujours les premiers jours, puis revenait petit à petit. J'aurais pu manger un ours après mes "hibernations". Idéale, pour celles qui veulent perdre du poids rapidement soit dit en passant.



Ma 1ère chimiothérapie
La pause d'une chambre implantable pour la chimiothérapie
A mes côtés, mon chéri, pour nos parties de scrabble
Une cascade, dans un jardin zen, face à moi

4ème, 5ème et 6ème chimio
1 semaine d'arrêt, pour 2 semaines de travail. C'est à la 4ème chimio que je n'ai pu respecter ma décision, trop malade pour me bouger d'un centimètre. Les produits administrés (pendant 3 heures) avaient changé pour laisser place à un seul appelé le TAXOTER. Ca rimait bien avec ENFER! J'ai été arrêtée 6 semaines, aucune possibilité de reprendre le travail, tant mon corps me faisait mal et la fatigue était intense. J'avais mal aux os, j'avais l'impression que quelqu'un jouait dans mes os. Je crois que je n'ai jamais autant pleuré de ma vie. Couchée, recroquevillée, parfois désespérée, j'ai cru que je ne m'en remettrai jamais. Un jour où j'étais chez ma mère, ma famille a dû faire appel au SAMU qui leur a clairement dit qu'il ne pouvait pas se déplacer pour le moment: Rapprochez-vous de Clarac ou des urgences madame. C'était la période du carnaval, aucun numéro ne répondait. Une amie de la famille a été appelée à la rescousse, médecin, elle est venue à mon chevet et m'a prescrit de puissants antalgiques en comprimés et un médicament que je qualifierai de miracle: ACUPAN. Une ampoule a prendre sous la langue: RA-DI-CAL! Après une nuit plus calme, le lendemain je reprenais du poil de la bête, les douleurs s'étaient estompées mais j'étais toujours très fatiguée. Les jours passèrent et c'étaient déjà le rendez vous pour la 5ème chimio. Il n'était pas question de reprendre le travail compte tenu de ma grande fatigue. J'ai été arrêtée durant 5 semaines. 


Après chaque chimio...
la fatigue

Un petit rayon de soleil, Anhéa venu voir sa tatie quand je ne pouvais pas me lever


Ma 6ème chimio, peut-être parce que c'était la dernière, m'a paru être une promenade de santé. J'ai terminé ma séance le coeur content de ne plus avoir à utiliser ces produits qui vous "font du bien" en vous mettant si mal. J'ai pensé à ceux qui commençaient leur cycle ou qui avaient encore d'autres séances à faire et à moi qui avait finalement traversé cette épreuve en trouvant assez de forces en moi pour résister à la déprime et combattre la maladie. 
Un combat qui n'était pas fini.

Dernier jour de chimiothérapie à l'hôpital Clarac


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire